lundi 11 février 2008

Lettre ouverte à Rama Yade



Lettre ouverte à Rama Yade

Madame le ministre,

J’ai appris par la presse que lors d’un entretien au micro de RTL vous avez déclaré je site :

"Ce qui me frappe, c'est l'extrême violence des attaques contre le président de la République. Des attaques personnelles, ciblées, que je trouve indignes, infamantes. On a l'impression de voir des charognards qui ont humé l'odeur de leur proie et qui fondent sur lui, qui s'acharnent, parce que moi je trouve que c'est une véritable chasse à l'homme. (...) Ces gens qui veulent la peau de Nicolas Sarkozy, sont des gens qui veulent leur revanche parce qu'ils n'ont pas accepté qu'il préside aux destinées de ce pays."

J’avoue que je ne comprends pas très bien. Vous traitez de charognards les journalistes qui, selon vous, s’acharneraient sur Nicolas Sarkozy. Assez surpris je dois le dire j’ai consulté le site « linternaute Encyclopédie » et j’y ai trouvé la définition suivante du mot charognard :

« Animal se nourrissant des cadavres en décomposition d'autres animaux »

Bigre !! Désiriez-vous, par ce biais, adresser aux français un message subliminal indiquant que le président de la République serait un cadavre en décomposition, autrement dit une charogne, puisque la proie de charognards ? Si cela est le cas ce n’est guère élégant de la part d’un ministre de traiter de la sorte son président, aussi suis-je enclin à penser que là n’était pas le but de vos propos.

Alors pourquoi cet entretien ? Pour faire parler de vous ?

Dans ce cas permettais moi, Madame la Ministre, avec tout le respect dû à votre rang, de vous donner conseil de travailler vos interventions avant de vous présenter devant un micro. Une recherche rapide dans les dictionnaires vous aurait rapidement convaincu qu’au cas d’espèce le mot de prédateurs paraissait mieux adapté que celui de charognards même s’il frappait moins les esprits. Mais sans doute que les lourdes charges de votre emploie ministériel ne vous permettent pas de passer trop de temps à choisir un vocabulaire adéquat. Alors que ne demandez-vous à Monsieur Gaino de vous préparer vos interventions ? Il fait cela si bien que lorsque Monsieur Sarkozy récite du Gaino il en paraît grandi alors que lorsqu’il se laisse aller à faire du Sarkozy, il sombre dans un langage assez commun ou hors de propos.

Croyez le bien, Madame la Ministre ! Qu’un simple quidam comme moi fasse de grossières erreurs de langage ne prête pas à conséquence, mais on est en droit d’attendre plus de rectitude dans les propos d’un ministre de la République.

Mais laissons là, si vous le voulez-bien la sémantique et revenons à une autre partie de votre discours où me semble-t-il vous vous êtes un peu trompée de cible lorsque vous dites : « moi je trouve que c'est une véritable chasse à l'homme » en parlant des journalistes qui poursuivraient de leurs vindictes Nicolas Sarkozy. Voyez-vous Madame, les Français ont plutôt l’impression aujourd’hui en France que la chasse à l’homme, comme vous dites, est le fait d’un certain Monsieur Hortefeux, sous l’égide de Monsieur Sarkozy qui aurait fixé à 25 000 le nombre d’hommes à abattre ; Pardon ! A expulser.

Voilà Madame la ministre ce que j’avais à vous dire concernant votre intervention de l’autre jour au micro de RTL. N’y voyez nulle malice de ma part.

Je vous adresse, Madame la Ministre, mes respectueuses salutations

Foutriquet

lundi 4 février 2008

Voyage! Voyage!








Monsieur Séraphin sirote son pastis à la terrasse ensoleillée du café du port en observant l’incessant balais des goélands cendrés qui se disputent les restes d’entrailles de poissons qui flottent sur l’eau. Depuis le début de la semaine le temps est au beau fixe ; un magnifique temps d’arrière saison qui rend les hommes gais et la mer heureuse.. Même le doyen du village, le père Magloire, qui va allègrement sur ses quatre vingt dix sept ans, répète à qui veut bien l’entendre que jamais il n’a connu un aussi bel automne. C’est, il faut bien l’avouer, une journée d’équinoxe tout à fait exceptionnelle ; le ciel a cette couleur tendre des tableau de Matisse et l’Océan ronronne d’aise en léchant de sa vague les galets roses et lisses de la plage.

Malgré cette incongruité météorologique, les hirondelles, qui n’ignorent rien des lois de la nature, se rassemblent frénétiquement sur les fils électriques et jettent dans l’air leurs derniers cris stridents en zébrant le ciel de leur vol erratique.

Comme chaque année à la même époque Monsieur Séraphin s’est installé à la terrasse du café du port pour regarder partir les hirondelles. Les hirondelles qui s’envolent chaque automne depuis des millénaires vers les rivages de l’Afrique où elles vont séjourner jusqu’au printemps et où Monsieur Séraphin rêve depuis l’enfance d’aller les y rejoindre.

Monsieur Séraphin est ce qu’il est coutume d’appeler un homme svelte, mais à dire vrai il est plutôt maigre. Pas d’une maigreur cadavérique certes, mais a y regarder de près on peut s’apercevoir qu’il possède peu de viande entre les os qu’il a fort minces et la peau. Petit corps, petits bras, petites jambes et petit visage émacié dominé par un long nez pointu et osseux qui ressemble à s’y méprendre à un bec d’hirondelle. Bref Monsieur Séraphin ne pèse guère mais suffisamment tout de même pour ne pas pouvoir s’envoler avec les hirondelles et c’est ce qui le rend marri et, par un phénomène que les sommités médicales nomment « psychosomatique » lui fait perdre chaque automne un peu plus de poids. Alors il se contente d’observer le départ de ces infatigables voyageuses, assis à la terrasse du café du port, sirotant son pastis en rêvant à l’Afrique.

« Monsieur Séraphin ! On guette le départ des demoiselles ? »

« Hé oui ! Monsieur Césarion ! je les envie bien vous savez et je donnerai bien cher pour être à leur place »

« Et qu’est-ce qui vous en empêche ? »

« C’est que, voyez-vous Monsieur Césarion, je ne sais pas voler »

« Qu’est-il besoin de savoir voler ! Vous n’avez qu’à prendre l’avion comme tout le monde »

« Je le sais bien va ! Mais je ne le peux pas »

« Et pourquoi que vous ne le pouvez pas ? »

« C’est difficile à expliquer, voyez vous Monsieur Césarion. Quelque chose… Enfin je ne sais pas… Peut être que je n’en n’ai pas envie »

« Pas envie ? Mais vous en mourrez de l’envie d’aller en Afrique avec les hirondelles. Vous me le répétez chaque année que votre souhait le plus grands serait de faire le voyage avec elles. »

« Avec elles, oui !Mais l’avion !…… Tenez Monsieur Césarion, imaginez ! imaginez un instant que l’Afrique de l’avion ne soit pas l’Afrique des hirondelles »

« Comment ça l’Afrique des hirondelles ? Qu’est-ce que vous me baillez là ? Il n’y a pas plusieurs Afrique, il n’y en a qu’une »

« Oui ! Certes ! Mais supposez que l’Afrique de l’avion n’ait rien à voir avec l’Afrique que je rêve, celle des hirondelles justement. Depuis le temps que je les regarde partir les hirondelles je me suis fait une idée de leur destination et peut-être que cette Afrique là ne ressemble pas à celle de l’avion. Alors Monsieur Césarion j’ai peur d’être déçu . »

« Les choses ne sont jamais ce que nous pensons qu’elles sont ; Mais ça n’empêche pas d’être heureux de voyager »

« Hé bien moi je ne serai pas heureux de découvrir une Afrique différente de celle que je me suis imaginée. Tout ça pour vous dire que si j’ai une furieuse envie de partir avec les hirondelles je n’ai nulle envie de prendre l’avion. »

« Ouai ! Tout cela est bien trop compliqué pour moi. Finissez donc votre verre Monsieur Séraphin que je puisse remettre ça. C’est la tournée du patron. »

Monsieur Séraphin assécha son verre et Monsieur Césarion qui avait disparu dans son officine revint avec la bouteille de pastis et un verre pour trinquer avec Monsieur séraphin

« A l’Afrique ! »

« A l’Afrique !